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Interview exclusive de Vincent Grégoire

Catégorie : Rencontres

Vincent Grégoire pense son temps le nez dans les étoiles à humer l’air du temps. Mais Vincent Grégoire n’est pas un poète illuminé, c’est un prédateur. Il est chasseur de tendance au pôle art de vivre chez Nelly Rody et sa vision aiguisée ne fait pas de prisonnier. Présentation.

Comment définir votre profession ?

Aujourd’hui, tout le monde fait de la tendance et en même temps la renie. La tendance est à la fois l’ange et le diable. Tout le monde veut être unique, être original, mais en même temps on a quand même besoin d’avoir des cadres, des directions. Des gens qui décryptent, sans imposer. Mettre en ordre sans mettre de l’ordre. Tendanceur, c’est un vrai métier. Un mélange d’intuition et de réflexion. Un mélange d’objectif et de subjectif.

Nous on est une agence de marketing style, on essaie d’avoir une approche plus globale. Dans les années 80 on ne parlait que d’envie aujourd’hui on veut comprendre pourquoi ces envies. Pour comprendre les incidences et les racines. Pour dépasser le formel.

Expliquez nous le concept d’art de vivre.

L’art de vivre c’est tout ce qui n’est pas la mode, c’est l’environnement de la personne. Quand je suis arrivé il y a 19 ans, la mode commençait par des intuitions créatives, par des gammes de couleur. Aujourd’hui, on analyse les évolutions des comportements, les modes de vie et ses incidences sur les gestes, les inspirations et comment tout ça peut se traduire sur objets.

Vous venez de remettre au goût du jour le concept de coopérative.

Oui, j’ai mis en avant ce qui se passe face à la crise avec le retour à l’échange, au partage, à la proximité.

N’est-ce pas paradoxal alors que notre société n’a jamais été aussi individualiste ?

L’individualisme est en train de passer. C’est la fin du moi-je et le début du moi-nous. Tout ce qui découle de cette idée, je pense à la Fnac, au Club Med, à Leclerc, tous sont devenus des très grosses machines arrogantes, capitalistes. Alors que les comportements capitalistes assumés veulent vraiment revenir à une échelle locale, plus émotionnelle.

L’Orient semble aussi s’imposer en ce moment. Comme une inversion des forces entre Est et Ouest.

Peut-être que notre spiritualité occidentale basée sur la notion qu’il faut aider le groupe avant soi-même. Alors qu’avec l’Orient, il faut d’abord être zen pour après aider les autres. Peut-être que le capitalisme a été pourri par ce besoin d’hyperindividualité en réaction à religion.

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Commentaires (1)

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