
Montage - DR © Re-Art, une exposition organisée par Beautiful Monday, jusqu'au 5 avril à la Galerie Wanted, à Paris.
Il faut regarder notre mode de vie pour deviner où va le design. Nous sommes modulables. Nous exerçons plusieurs professions, multiplions les partenaires, voyageons en défiant les frontières. Bref, nous avons plusieurs vies. Et bien, nos objets aussi. Il existe une étrange tribu qui croit en la réincarnation de nos ustensiles par le recyclage maison.
Une tribu qui grandit d’année en année et qui aujourd’hui compte dans ses rangs les plus grands designers. La Déco Récup’.
L’époque du luxe et des matériaux couteux est révolue, le plus grand chic c’est de tout faire soi-même avec trois bouts de ficelle. Plus qu’une tendance, il s’agit là d’une vraie vague sociologique. Le résultat de la croisée de plusieurs facteurs. Citons dans le désordre, une prise de conscience écologique mondiale, le passage d’une crise économique internationale, l’oisiveté d’une middle class bobo et l’omniprésence de la salopette de Valérie Damidot.
Aujourd’hui, la Déco Récup’ a ses spécialistes. Comme Catherine Videlaine ou Régis-R qui vous propose un frein à disque comme porte bougie, un abat-jour en stylos ou encore une chaise en bouchon de liège.
Évidemment, le phénomène s’est éloigné de ses origines. Il ne s’agit plus aujourd’hui de faire des économies, mais de consommer malin. Le luxe aussi se met à l’heure du recyclage. Mais la créativité des plus grands ne fait pas dans la thésaurisation.
Depuis 2007, le designer anglais, Max McMurdo, propose des vieilles baignoires transformées en canapés. Prix de la récup’ : 2.000 euros environ. Un lustre de 347 stylos à bille par Lucas Munoz et David Tamame : 1.360 euros.
Aujourd’hui, le phénomène a pris une telle ampleur qu’une nouvelle galerie d’art a ouvert ses portes dans le Vème arrondissement à Paris. Mawaco expose des objets issus de la récup’éthik sur plus de 350m² avec six artistes permanents.
Equitable, Ă©cologique, Ă©conomique. Ressortez vos poubelles, votre salon de demain s’y trouve peut-ĂŞtre.





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