Peu de personnes dans l’industrie de la mode cumulent autant de fonctions que Serge Bensimon. Et c’est certainement dans cette schizophrénie professionnelle qu’il faut chercher les racines de l’innovation permanente qui hante le créateur depuis un quart de siècle.
Court entretien avec le visionnaire, le temps de plonger Paris en thérapie et de prôner un retour à la simplicité.
Comment expliquez-vous une telle diversité de fonctions et une telle longévité ?
J’ai commencé dans les surplus militaires. Ce qui est surement ma fonction la plus originale et la plus improbable, mais qui est à l’origine de mon ouverture d’esprit. C’est certainement ce qui explique cette idée précurseur que j’ai lancée il y a vingt-quatre ans avec ma première boutique sans saison. On pouvait y trouver aussi bien des maillots de bain que des parkas. C’est une innovation incroyable.
Il y a aussi, au-delà de ces origines militaires, l’intuition. L’intuition, c’est quelque chose de magique. Quand je décide de m’installer rue des Francs-Bourgeois, il n’y a rien là -bas. Mes amis dans la mode me disent que je suis un fou.
Aujourd’hui, on a repris la librairie Artazar sur les quais de Jemmapes. Tout le monde a pensé qu’on allait faire une boutique de vêtements. Pas du tout. Pour moi c’était important de sauver cette librairie avec les gens qui y travaillent et ses créateurs avec qui nous sommes associés. On essaie aujourd’hui d’innover avec, par exemple, des lancements de livres associés à des expositions. On a fait la fameuse étagère d’Ikea, les montres Lip ou encore les lampes Gras que Le Corbusier met en avant. Toujours associés à la thématique des livres.
Vous avez la capacité à cristalliser un large éventail d’influences. Selon vous, quel est l’avant-garde aujourd’hui ?





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