Le prix Audi Talents Awards a été remis à l’occasion de la clôture de la 10ème édition des Designers Day’s. Parmi les quatre dossiers sélectionnés, c’est Constance Guisset qui a été récompensée avec Métamorphoses, un ensemble de cinq créations. Un travail marqué par l’onirisme et la légèreté. La créatrice, diplômée de l’ENSCI, affirme cette volonté de pousser à la fascination, d’offrir un bref instant d’illusion. Mission accomplie. Avec des œuvres comme Fiatlux et son interrupteur en lévitation, Constance Guisset nous plonge chez Lewis Carroll. Après avoir été sélectionnée parmi les dix créateurs de l’année par MAISON&OBJET, la créatrice poursuit avec cette belle élection à l’unanimité. Amplement méritée, félicitations.
C’est l’été. Et l’été, tout le monde le sait, Paris est abandonné à ses touristes. Vous avez, vous aussi, décidé de descendre à la recherche du soleil, ça tombe bien, l’art et le design vous ont précédé. Deuxième édition de l’Art au Paradis à Marseille. La rue Paradis dans le 6ème est exceptionnelle. Pas moins de 8 enseignes de design, une agence d’architecture et une maison de vente aux enchères.
Une densité incroyable que les acteurs ont décidée d’exploiter en donnant leur chance à deux jeunes artistes pour une promenade riche en création. L’année passée, 1 200 curieux avaient arpenté le bitume marseillais. Cette année, pour gonfler encore ce chiffre, les organisateurs ont misé sur Katia Bourdarel, Anne-Valérie Dupond, Laurent Perbos et Adrien Pécheur. Une ballade d’art contemporain entre un verre sur le Vieux-Port et la plage, parfois la culture ressemble tellement au bonheur.
Designer’s Days a 10 ans et comme tout enfant de 10 ans, l’association cherche, explore, questionne. Le parcours 2010 proposait ainsi de nombreux rendez-vous avec votre avenir, avec toujours cette idée de prouver à quel point le design est ancré dans notre quotidien, prêt à répondre aux exigences de notre époque. Boffi s’était largement associé à l’événement. D’abord, aux showroom Boffi Bains de Saint-Germain. Designer’s Days a rendu hommage aux maîtres de l’eau et à leur Miroir Liquide.
Création mystérieuse, présentée comme « une métamorphose du liquide en image vidéo, une matérialisation du fluide en mur électronique ». Le génial Philippe Di Meo nous rappelle que si l’eau est devenue un enjeu mondial, il n’en reste pas moins un élément dont on ne peut négliger les qualités apaisantes, esthétiques et quasi magiques.
Restons Ă Saint-Germain. Direction le Boffi Studio, qui depuis des dĂ©cennies Ĺ“uvre pour que la cuisine devienne la pièce de crĂ©ation qu’elle mĂ©rite. Pour l’anniversaire de l’association, Boffi avait invitĂ© dix crĂ©ateurs de talent et prĂ©sentĂ©, dans une scĂ©nographie originale, une promenade au cĹ“ur de sa cuisine. Lieu de rĂ©ception, d’échange et d’offrande, bref un vĂ©ritable autel du design. Nous en sommes ressortis avec l’impression d’avoir voyagĂ© Ă travers l’histoire de l’hospitalitĂ© et d’avoir touchĂ© du doigt le gĂ©nie pratique. Et c’est cette scĂ©nographie de CĂ©dric Martineaud qui a Ă©tĂ© rĂ©compensĂ©e lors de la soirĂ©e de clĂ´ture des Designer’s Days, par les lecteurs du magazine AD.
2010
Catégorie : Agenda, Focus, Rencontres, RepĂ©rages
Designer’s Days n’a que 10 ans, pas encore adolescent, mais déjà un goût très sur de la qualité. D’où cette invitation à découvrir le travail de Normal Studio. Un timing parfait avec Les Arts Décoratifs qui clos son cycle sur le minimalisme actuel avec les créations de Normal Studio. L’occasion pour nous de porter les projeteurs de notre admiration sur ces deux créateurs. Car ils sont deux à se cacher derrière ce nom devenu synonyme de bon goût et de simplicité. Jean-François Dingjian et Eloi Chafaï. Le premier est né à Valence et a commencé sa carrière en fondant un magazine de design et en élaborant un programme pour la région Rhône Alpes sur le rapport entre le design et les PME. Original. Tout comme son compère. Eloi Chafaï est Parisien, il découvre le design et la créativité à travers le graffiti. Il débutera comme stagiaire de Jean-François Dingjian, mais rapidement le maître ne pourra plus se passer de son élève.
Fondé il y a 4 ans, leur Normal Studio est un exemple de réalité. Ancrés dans la production industrielle, ils en détournent les formes, les simplifient et retournent leurs créations aux chaînes de montage. Il est vrai que l’artisanat a toujours une poésie que les amoureux du design applaudissent. Mais Jean-François et Eloi, eux, préfèrent que la beauté se produise en masse pour la masse. Nous sommes loin des objets à exemplaire unique qui se ne vendent qu’au coup de marteau pour des sommes astronomiques.
Normal Studio c’est l’antithèse du maquillage. Pas d’effet, les matériaux sont employés pour ce qu’ils sont. Les objets se lisent simplement, les courbes s’offrent à vous. Normal Studio, c’est la beauté des femmes avant l’invention des retouches photo. Les deux hommes sont surs qu’il suffit de se débarrasser du superflu pour trouver la beauté. D’ailleurs quand Philippe Starck leurs demande, comme à neuf autres créateurs au salon MAISON & OBJETS, ce qu’il nous manque aujourd’hui, ils répondent : « Rien. Il faut juste apprendre à regarder ». Et c’est toute leur philosophie qui est résumée ici.
Encore une création originale pour la Maison Martin Margiela et sa ligne 13 – Objets & Editions. Avec le retour en force du trompe-l’œil ou l’art d’habiller votre intérieur sans perdre de place. Caractéristiques des créations atypiques de la maison, ces portes trompe-l’œil imprimées en noir et blanc sur tissu sont à mi-chemin entre le design et la prestidigitation. Deux autres objets s’ajoutent au catalogue des nouveautés. Les lunettes loupes : un verre grossissant pour une monture moitié lunette, moitié loupe. Le bougeoir cire : une coulée de cire qui devient elle-même bougeoir pour un objet unique.
Quel est selon vous l’objet le plus représentatif du design ? Sans conteste la chaise. Celle qui s’oublie si elle est réussie. Le métronome du design. Un objet mille fois remodeler parce qu’il n’a pas de personnalité fixe. Royale quand elle trône, populaire près d’une table en bois, mortelle quand elle est électrique, ennemie dans une salle de classe. Insaisissable et meilleure alliée des designers, le V&A Museum pose les questions de l’utilisation de la chaise au quotidien via une scénographie tirée du conte Boucle d’Or et les Trois Ours.
Tout y passe, de Charles Eames au cabinet El Ultimo Grito, de la chaise haute de Gerrit Rietveld, à la chaise en carton des années 60 de Peter Murdoch. Et si l’expo vous plaît, vous pourrez même créer votre propre chaise, puisque après tout, nous sommes dans un conte.
A voir les œuvres de Fernando et Humberto Campana, les designers « Star » d’Amérique latine, on pense facilement que le design s’est définitivement rapproché du monde des arts. Après le MoMA et le Centre Georges Pompidou, c’est au tour du Vitra Design Museum d’accueillir dans ses collections permanentes les pièces des frères Campana.
Le musĂ©e prĂ©sente justement l’exposition Anticorps – jusqu’au 28 fĂ©vrier 2010 – qui rĂ©unit les vingt dernières annĂ©es de crĂ©ation de Fernando et Humberto Campana. Depuis 1989, ces deux insĂ©parables exploitent des matĂ©riaux du quotidien, des objets rĂ©cupĂ©rĂ©s, pour dĂ©velopper un style ludique oĂą se combinent l’urbain et l’organique, l’artificiel et le naturel. Cette rĂ©trospective cĂ©lĂ©brant vingt annĂ©es de collaboration (plus de 150 meubles, luminaires, objets d’habitat…) est l’occasion rare de dĂ©couvrir l’ampleur de leur crĂ©ation, composĂ©e en majoritĂ© de pièces uniques, de prototypes ou de sĂ©ries limitĂ©es.





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