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Le salon MAISON&OBJET révèle ses grandes tendances pour 2012

Catégorie : Agenda, Focus, RepĂ©rages, Revue du web

Le salon international référence des influences maison tient son salon de rentée du 9 au 13 septembre à Paris Nord Villepinte. Avec cette année, un thème fort, une tendance sociale profonde : la singularité.

L’uniformité de masse ne fait plus l’unanimité. Si les communautés, les réseaux sociaux, les clubs et autres regroupements n’ont jamais été aussi en vogue, le besoin de reconnaissance qui l’accompagne, qui peut-être en découle, est une vague de fond mondiale.

L’individualisme n’existe plus, les frontières tombe, et devant l’immensité du monde connecté, la personne ne se tait pas, ne se fait pas toute petite, au contraire, elle crie son envie de vivre et d’être reconnue.

Maison&Objet ouvre ses portes à ceux qui cajolent les singularités, aiment les particuliers, bichonnent les excentriques, dorlotent les originaux, accompagnent les excentriques. Bref, M&O accueille un monde d’artistes.

Hors Pistes by François Bernard.
En 2010, François Bernard avait présenté un travail passionnant sur la recherche d’apaisement par la création d’un microcosme. Suite logique, le designer plonge encore plus profondément dans l’intimité pour en retirer sa singularité. Le nez au vent des tendances, l’artiste nous plonge dans le monde du sport. Un terrain singulier pour puiser une énergie nouvelle afin de dynamiser de nouveaux répertoires de formes. Le culte du sportif est largement répandu, l’esthétique du corps s’en inspire depuis toujours, mais François Bernard, lui, dans son originalité, braque les projecteurs sur les objets du sport. Les graphismes, les matériaux et les formes qui sortent de la ligne droite. On dévie les technologies automobiles, footballistiques, tennistiques, au profit d’une fonctionnalité extrême et d’une poésie anticonformiste qui disqualifient le déjà-vu.

Obsessions Privées by Elizabeth Leriche.
Elizabeth, elle aussi, continue son approfondissement de l’intime. Après Archaic Shelters, retour aux origines, l’artiste nous propose une sorte d’hommage aux madeleines de Proust. Ces petits objets, ces petits riens, insignifiants aux yeux de tous mais tellement important pour nous. Pour un souvenir d’enfance, ou pour des raisons plus floues, nous tombons tous amoureux d’items uniques, rares, originaux, qui ne trouvent grâce qu’à nos yeux. Parfois jusqu’à l’obsession. Jusqu’à l’accumulation compulsive qui fait œuvre. Sous le regard passionné du collectionneur, l’objet banal, bizarre, précieux ou prestigieux prend une valeur émotionnelle. Un art unique de singulariser l’espace intime.

CouplicitĂ© by Vincent GrĂ©goire – NellyRodi.
La foire aux monstres de M&O. Aux monstres géniaux et superbes. Vincent Grégoire rend hommage au couple. Couple amoureux, peut-être. Mais plus généralement, le couple de création. L’autre, auquel on s’associe parce qu’il nous rend meilleur. L’autre, sans qui une partie de nous reste cachée. Les binômes sont de plus en plus nombreux dans le monde la création. Et comme les cerveaux et les cœurs qui s’enlacent, les objets aussi s’associent, se pressent les uns contre les autres, s’accouplent pour enfanter d’un hybride génial. Un monde à deux, parce que le paradis c’est les autres. Une esthétique de la rencontre qui fait part d’une singulière harmonie.

Le salon MAISON&OBJET révèle ses grandes tendances pour la rentrée 2010

Catégorie : Focus, RepĂ©rages, Revue du web

MAISON&OBJET se penche sur son monde et analyse les grandes tendances maison pour la rentrĂ©e 2010. Dans une Ă©poque de surexposition, le retour Ă  une intimitĂ© marquĂ©e s’exprime par un dĂ©sir violent et archaĂŻque. Trois grands thèmes dĂ©veloppĂ©s cette session par les membres de l’Observatoire MAISON&OBJET : Please Disturb, Microcosmes et Archaic Shelters.

Please Disturb, intimité malmenée. Vincent Grégoire pour NellyRodi

Impossible désormais de totalement fermer sa porte. La vie moderne se déroule avec cet œil en permanence collé derrière nos serrures. Nos intérieurs ne sont plus ces cocons douillés et inviolés, ils s’exposent et perdent leur caractère sacré. En réaction, nous violentons volontiers ces objets censés nous protéger. Forme de vengeance salvatrice, de catharsis réactionnelle. Aujourd’hui, les créations sont cabossées, brûlées, déformées. Et dans ce processus de désacralisation, l’érotisation et la pervertisation sont des valeurs sûres. L’intérieur est devenu un cri, une déchirure face à une réalité agressive que plus personne ne veut voiler. L’intimité n’existe plus, il faut la sauver par la destruction.

Microcosmes, la recherche de l’apaisement. François Bernard

Autre effet de cette réalité agressive et de la perte d’intimité, un retour sur soi-même et un repli sur son silence intérieur. Si l’intérieur n’est plus inviolable, il faut recréer un monde dans le monde, une parenthèse de douceur au milieu du cri. Dans un élan quasi fœtal, nous sommes à la recherche d’un objet qui s’oublie, emprunt de poésie. L’intérieur moderne se fait invisible pour apaiser le soi. Le sentiment de sécurité doit être discret, caché, à la fois honteux et nécessaire. Une forme de communautarisme poussé à son paroxysme pour se retrouver seul, enfin seul. A l’aide d’interfaces virtuels et de matériau chaud, nous replongeons dans une transe méditative aidée par notre environnement. Fini l’usuel, l’objet doit amener à la paix intérieur.

Archaic Shelters, retour aux origines. Elizabeth Leriche

Vous l’aurez compris, les grandes tendances de cette rentrée sont à lire comme une réaction à un monde mal accepté et souvent jugé trop agressif. Face à ce danger réel ou virtuel, nos réflexes ataviques refont surface. Loin des cocons ultramodernes proposés ces dernières années, trop représentatifs de leur époque, le repli se fait sur un habitat naturel et rassurant. Bois ou pierres, peaux animales ou argiles, la nature est redevenue la véritable inspiratrice des designers. Dans un besoin de se reconnecter avec des origines trop longtemps ignorées, le néo-primitif fait son apparition et s’impose comme la grande tendance de cette nouvelle décennie.

Interview exclusive du tendanceur François Bernard

Catégorie : Rencontres

« Les frontières tombent. Il n’y a plus de limite entre la nature et la technologie. Plus de diffĂ©rence entre l’intĂ©rieur et l’extĂ©rieur. Tout est liĂ©. La dĂ©coration pulse au rythme de la sève, les objets vivent avec vous. Notre dĂ©coration n’est plus lĂ  pour embellir ou reprĂ©senter, c’est un prolongement de notre corps, une interface esthĂ©tique avec notre environnement ». François Bernard est tendanceur et directeur du bureau de tendances croisements, membre de l’Observatoire de MAISON&OBJET. Cette annĂ©e, sa « body house » rĂ©pond aux principes de rĂ©gĂ©nĂ©ration et d’hybridation. Rencontre avec un visionnaire.

Comment définiriez-vous simplement votre métier ?

C’est le mot « simplement » qui est très bloquant dans votre question, parce que justement rien n’est simple. Si c’était simple, tout le monde pourrait le faire. Le propre des tendances, c’est justement de ne pas être facile à découvrir. Lire la suite

Chapitre III : “Hybrid” par François Bernard

Catégorie : Focus

A l’heure de l’urbanisation extensive de la planète, la ville et la nature se réconcilient pour adoucir les mœurs citadines. Une cohabitation qui engendre de nouvelles catégories d’objets insolites et bienveillants au service du bien-vivre.

François Bernard, directeur du bureau de tendances croisements, membre de l’Observatoire de MAISON&OBJET, a rĂ©sumĂ© cette association d’idĂ©e en un seul concept dĂ©nommĂ© pour l’occasion : Hybrid. Ce concept peut se synthĂ©tiser par une fusion de la technologie et de la biologie. Autrement dit, un mix entre l’urbain et le naturel. Lire la suite