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Le salon MAISON&OBJET révèle ses grandes tendances pour la rentrée 2010

Catégorie : Focus, RepĂ©rages, Revue du web

MAISON&OBJET se penche sur son monde et analyse les grandes tendances maison pour la rentrĂ©e 2010. Dans une Ă©poque de surexposition, le retour Ă  une intimitĂ© marquĂ©e s’exprime par un dĂ©sir violent et archaĂŻque. Trois grands thèmes dĂ©veloppĂ©s cette session par les membres de l’Observatoire MAISON&OBJET : Please Disturb, Microcosmes et Archaic Shelters.

Please Disturb, intimité malmenée. Vincent Grégoire pour NellyRodi

Impossible désormais de totalement fermer sa porte. La vie moderne se déroule avec cet œil en permanence collé derrière nos serrures. Nos intérieurs ne sont plus ces cocons douillés et inviolés, ils s’exposent et perdent leur caractère sacré. En réaction, nous violentons volontiers ces objets censés nous protéger. Forme de vengeance salvatrice, de catharsis réactionnelle. Aujourd’hui, les créations sont cabossées, brûlées, déformées. Et dans ce processus de désacralisation, l’érotisation et la pervertisation sont des valeurs sûres. L’intérieur est devenu un cri, une déchirure face à une réalité agressive que plus personne ne veut voiler. L’intimité n’existe plus, il faut la sauver par la destruction.

Microcosmes, la recherche de l’apaisement. François Bernard

Autre effet de cette réalité agressive et de la perte d’intimité, un retour sur soi-même et un repli sur son silence intérieur. Si l’intérieur n’est plus inviolable, il faut recréer un monde dans le monde, une parenthèse de douceur au milieu du cri. Dans un élan quasi fœtal, nous sommes à la recherche d’un objet qui s’oublie, emprunt de poésie. L’intérieur moderne se fait invisible pour apaiser le soi. Le sentiment de sécurité doit être discret, caché, à la fois honteux et nécessaire. Une forme de communautarisme poussé à son paroxysme pour se retrouver seul, enfin seul. A l’aide d’interfaces virtuels et de matériau chaud, nous replongeons dans une transe méditative aidée par notre environnement. Fini l’usuel, l’objet doit amener à la paix intérieur.

Archaic Shelters, retour aux origines. Elizabeth Leriche

Vous l’aurez compris, les grandes tendances de cette rentrée sont à lire comme une réaction à un monde mal accepté et souvent jugé trop agressif. Face à ce danger réel ou virtuel, nos réflexes ataviques refont surface. Loin des cocons ultramodernes proposés ces dernières années, trop représentatifs de leur époque, le repli se fait sur un habitat naturel et rassurant. Bois ou pierres, peaux animales ou argiles, la nature est redevenue la véritable inspiratrice des designers. Dans un besoin de se reconnecter avec des origines trop longtemps ignorées, le néo-primitif fait son apparition et s’impose comme la grande tendance de cette nouvelle décennie.

Une semaine / Un Designer # Michel Charlot

Catégorie : Focus, Rencontres, RepĂ©rages

Difficile, voir arrogant d’écrire un portrait d’un designer de 24 ans qui suit encore ses études. Oui, mais voilà, il n’y a aucun risque à parler dès maintenant de Michel Charlot. Cheveux roux hirsutes, gueule d’enfant sage, le Suisse porte sur lui son pragmatisme. Enfant d’un millénaire désillusionné, désacralisé, il ne perçoit pas le design comme la clé. « Je ne suis pas dans une démarche où je tenterais de sauver la planète par le design, je vois l’écologie, comme un thème complexe par rapport auquel il faut avoir une vision d’ensemble. Moi j’essaie simplement de trouver des solutions esthétiques, économiques et fonctionnelles ». Michel Charlot, ou l’art simple de ne pas regarder le monde à travers le trou de sa propre serrure.

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