Choose your language :

Talents Ă  la Carte #5 : Lucie Bourreau, brodeuse universelle

Catégorie : Focus, Rencontres, RepĂ©rages, Revue du web

Lucie Bourreau est une tisseuse. Elle tisse des liens entre la France et l’Inde par ses collaborations par son amour pour son compagnon, entre élégance raffinée et tissu baroque par des créations uniques et artisanales. Mais surtout, Lucie semble tisser un lien entre nous tous, avec un message de douceur et de compréhension. Cette Parisienne est née en 1982, et partage sa vie et son travail entre Paris et Kolkata. Elle se révèle dès 1998 à l’exposition Making Things d’Issey Miyake à la Fondation Cartier. Sa signature se démarque et n’a cessé d’embellir depuis. Une émergence précoce, surprenante pour celle qui étudie d’abord la reliure d’art à l’Ecole Estienne. Ensuite, l’Ecole des Arts Decoratifs de Paris en design textile et l’exploration des multiples possibilités de ce domaine, des plus artisanales aux plus technologiques.

Mais c’est la rencontre avec son compagnon indien qui va orienter son travail vers les couleurs et le graphisme. Ses tissus se dessinent comme des tableaux, comme une vue aérienne de jardins somptueux. En 2010, après avoir travaillé dans l’artisanat de luxe, Lucie Bourreau crée Point Final, bureau de création spécialisé dans la broderie. Une broderie qui réussit le mariage parfait entre technique ancestrales et matériaux innovants, et qui lui vaut le prix Hand&Lock en 2009, ainsi que le soutien de la Fondation de France. Pour Talents à la Carte, Lucie Bourreau a présenté « Play », sa nouvelle collection de broderies placée sous le signe du jeu.

Talents à la Carte #4 : Guillaume Delvigne mis à l’honneur par MAISON&OBJET

Catégorie : Agenda

Guillaume Delvigne a tout juste trente an, mais ses créations sont la marque de la maturité et du talent. Après des études à l’Ecole de Design Nantes Atlantique, il intègre le Politecnico di Milano. Diplômé en 2002, il sera marqué à vie par l’art italien, le savoir faire et les matériaux transalpins. Il débute d’ailleurs à Milan aux côtés de George J. Sowden, cofondateur du mouvement Memphis. Deux ans plus tard, retour en France. Guillaume s’installe à Paris et partage son activité de designer indépendant entre des collaborations pour des agences et des projets personnels. Les RADI Designers, Delo Lindo, Marc Newson ou encore Cédric Ragot font régulièrement appel à lui depuis 7 ans.

Depuis 2004, il réalise de fines créations en porcelaine, seul ou avec Ionna Vautrin, pour Industreal. Il a d’ailleurs participé à la création de ce laboratoire de recherche devenu maison d’édition. Depuis son travail est reconnu de tous. Récompensé à plusieurs reprises, certains de ses projets appartiennent à des collections permanentes et il dispense également ses connaissances aux écoles de design de Strasbourg, de Limoges ou de Reims. Avec un tel CV à 32 ans, pas besoin de demander pourquoi M&O en a fait l’un de ses talents de demain.

Talents à la Carte #3 : Pascale Freydier, tapissière animiste

Catégorie : Focus, Rencontres, RepĂ©rages, Revue du web

Pascale Freydier, 48 ans, fait de la récup’. Mais elle ne donne pas une deuxième vie aux choses. Non, elle leur donne vie, tout simplement. Ses fauteuils se transforment sous ses mains et se mettent à raconter une histoire. Leurs histoires. « Je repère un vieux fauteuil et dès notre rencontre un lien se tisse. Je le vois alors comme un personnage ou un animal et je n’aurai de cesse de lui donner le physique que lui ai imaginé ».

Les fauteuils sont d’abord, totalement dépouillés : mise à nu, traitement d’ébénisterie, opération esthétique, ajouts en tout genre (crin, cuir…), sans oublier une pointe d’humour directement prélevée au caractère de l’artiste. Au final, un torero, un marin, un taureau… des créations complètement excentriques, mais qui trouvent une résonnance atavique pour en laisser apprécier la beauté. Pascale Freydier raconte avant tout des histoires et nous, comme des enfants, nous ne demandons qu’à croire en ses contes.

Talents à la carte #1 : Aurore Thibout, les fils de la réflexion

Catégorie : Agenda, Focus, RepĂ©rages, Revue du web

Voilà une créatrice qui laisse entrevoir un univers, une brèche dans la normalité, une névrose créatrice comme Dali savait les offrir. Aurore Thibout est fascinée par la mémoire et l’empreinte. La jeune femme, formée à l’Ecole Supérieure des Arts Appliqués Duperré (ENSAA), pratique la transversalité entre la mode, le théâtre, la sculpture et plus encore. Ses vêtements portent grâce et légèreté, une noblesse proche des déesses grecques. Mais Aurore pousse plus loin son exploration. Les Bas Reliefs où le tissu semble avoir été sculpté au burin par endroit. Traces et Saint Suaire, avec un textile mémoire qui garde l’emprunte d’un corps, d’un souffle, d’une âme. Les Gisants, vêtements sculptés littéralement dans la pierre. Il faudrait encore ajouter à cette liste des mises en scène théâtrales, des expos… mais le travail d’Aurore Thibout, finalement, ne se décrit pas, il s’impose et vous enveloppe comme un chant de sirène.

Talents Ă  la carte # 6 // Organica, organisme sensuel

Catégorie : Focus, Rencontres, RepĂ©rages

Parfois, il est des noms qui portent toute leur histoire. C’est le cas d’Organica. L’atelier de design créé par Anna Bokova, diplômée de la Harvard University Graduate School of Design, et Daria Kovaleva, issue de la Moscow Architectural Institute, est à mi-chemin entre la galerie d’art et le laboratoire d’un docteur Moreau touché par la grâce. Les deux jeunes céramistes s’inspirent de la diversité des formes organiques et des processus physiques (pesanteur, tension, fluidité).

En résulte ce qu’elles nomment des moules biomorphiques spatiaux, terme barbare pour une œuvre empreinte de sensualité. Organica se joue également des textures. Cire, caoutchouc, argile, bronze et plâtre, mais aussi chocolat, meringues et gelées. Une vraie recherche artisanale aussi surprenante que douce. Comme se fut le cas de tous les designers présentés sur Talents à la Carte, Organica surprend par son univers unique et affirmé. Une création décomplexée qui semble donner raison à l’un des plus grands écrivains russes, quand Dostoïevski affirmait que « l’art sauvera le monde ».

Talents à la carte # 4 // Mateo, élégance cristalline

Catégorie : Focus, Rencontres, RepĂ©rages

Peut-être l’élégance même. La simplicité d’une ligne et la beauté d’une courbe. Mateo est une toute jeune cristallerie créée en 2007 qui a su transcender la valeur des grands classiques du genre par une touche de modernisme épuré. Une collection de verres des plus raffinées, mais aussi une série limitée d’assiettes de porcelaine, les créations de Mateo respirent les siècles de savoir-faire et insuffle l’avenir de la cristallerie. Avec toujours une même volonté, parfois oubliée, de faire de ses parures de cristal la plus haute distinction de son hôte. Les créations de Mateo ont la beauté de la féminité. Une réussite atteinte, aussi, par l’exigence des meilleurs matériaux et des plus fins fournisseurs. Une rigueur telle que seules 4 maisons au monde ont été capables de satisfaire les demandes de Mateo. Le prix de la perfection !

Talents à la carte # 3 // Evgenia Miro, l’Ukraine par les sens

Catégorie : Focus, Rencontres, RepĂ©rages

Evgenia Miro, c’est l’Ukraine. De ses plaines natales, elle apporte le rythme libéré des musiques ancestrales et la couleur omniprésente des œuvres de Kasimir Malevitch. Mais si la création d’Evgenia Miro est aussi reconnue, c’est parce qu’elle puise au plus profond de nous. Elle s’adresse directement au cerveau reptilien et aux instincts ataviques. Tout son travail repose sur le symbole. « L’attirance des symboles est irrésistible car on espère toujours à déchiffrer la sagesse de leurs sens et à l’utiliser pour enrichir et protéger son propre univers ». Et dans un monde où l’esthétique est toujours épurée, Evgenia fait le pari d’un kaléidoscope de couleur et d’une surcharge de formes, preuve que de l’anarchie peut naître la beauté. Et son travail ne laisse pas les grandes marques de marbres.

En 2004, la carrière d’Evgenia prend un virage décisif quand elle devient la première collaboratrice russe de la maison Hermès. Ses œuvres se sont ensuite déclinées chez Pierre Frey, Emaux de Longwy, Beauvillé ou encore Wedgwood. Une artiste rare. Un coup d’œil sur ses créations et c’est des siècles d’art qui sautent aux yeux. Pas étonnant qu’Evgenia soit également passionnée de théâtre et de musique. On vous le dit, fiez-vous à son patronyme, plus que du design, on touche là à de l’art. Mais il semblerait que ce soit le point commun à tous les designers Russes.

Talents à la carte # 2 // Dima Loginoff, l’avenir

Catégorie : Focus, Rencontres, RepĂ©rages

Voilà un nom à retenir : Dima Loginoff. Visage d’éphèbe et allure d’écrivain romantique, mélange moderne de Jim Morrison et d’Arthur Rimbaud, ce jeune Russe de 33 ans connaît une ascension aussi fulgurante que méritée. Pendant plus de dix ans, il officie comme coiffeur styliste à Moscou. Un domaine où sa créativité est remarquée. Mais rapidement, Dima se sent à l’étroit dans ce domaine. Il y a quelques années, il décide donc de changer radicalement de vie pour pouvoir enfin exprimer pleinement son potentiel. En 2008, il est diplômé de l’International Design School de Moscou et dans la foulée de la RHODEC de Londres. Il ne lui faudra que quelques mois pour s’imposer comme la valeur montante du design mondial. Ses créations allient une esthétique frôlant la perfection et un design tantôt épuré, tantôt animiste. Un monde génial que l’on dirait tout droit sorti de la tête de Tim Burton.

Ses chaises Dounyasha sont un véritable chef-d’œuvre, symptomatique de son travail. Des créations qui dépassent le design et la simple recherche de confort et d’esthétique. A travers ses créations, Dima Loginoff vous plonge dans un monde qu’on ne voudrait jamais quitter. Nous pourrions également parler de ces deux tables : Panic Opera et Psyche Lounge. Deux œuvres que l’on s’attend à voir traverser la pièce sur leurs multiples pieds. Dima poursuit le filon acclamé que Jaime Hayon a débuté. Pas une année ne passe sans que le créateur ne soit récompensé pour son travail. Un véritable coup de cœur. Dans le hall 7, envoutement garanti.

Talents à la carte # 1 // Archpole, la création débridée

Catégorie : Focus, Rencontres, RepĂ©rages

Un vent de fraicheur souffle de l’Est en ce dĂ©but de saison. Dans le cadre de l’annĂ©e France-Russie 2010, l’opĂ©ration « Talents Ă  la Carte » de M&O accueille 6 designers russes dans son espace Scène d’IntĂ©rieur. Une approche inĂ©dite oĂą art et dĂ©co se confondent dans un maelstrom de couleurs et de sens. Portraits Ă  suivre tout au long de la semaine.

Le pays des étendues, des excès et des paradoxes est l’un des plus fertiles à la création. La preuve par quatre avec le collectif Archpole. Insaisissable et intarissable, ces quatre jeunes créateurs échappent à toutes définitions. A la fois laboratoire d’architecture, de design, lieu de production, Archpole se veut également show-room, galerie d’art et atelier.

Une activité multifacette qui reflète à merveille le kaléidoscope de leur création. En perpétuelle évanescence, ces créateurs affirment que chaque jour une nouveauté née de leur folie, à mi-chemin entre la prophétie et l’hallucination. Un fil rouge se dégage pourtant, avec un penchant affirmé pour le quotidien, ses rites ataviques et son mouvement infini.

Au final, une esthétique simple, souvent taillée dans un bois mis en valeur par une élégance linéaire, comme si les steppes du grand nord épousaient la ligne d’horizon. Et c’est dans ces objets que nous ne remarquons même plus qu’Archpole s’exprime le mieux. Il faut voir leur ligne de cintres pour comprendre que l’imagination peut transcender l’austérité.

Tout y passe : du simple porte-clés, à l’architecture d’intérieur en passant par les meubles. Toujours avec une cohérence rare pour un travail de groupe. Archpole a su faire de sa diversité une force, refusant de s’enfermer dans un carcan et acceptant leur propre richesse, bref en suivant le processus de création avec une liberté absolue. A ne pas manquer.